Liste des bulletins publiés
Ces bulletins sont disponibles sur simple demande
(6€ l'exemplaire sauf le n°50 7€ et le hors série Alexandre Lamblin 10€).
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A titre d'exemple, les bulletins 10 et 25 sur l'histoire de l'autodrome 
et sur le blason de Linas sont visibles en intégralité sur ce site.

Bulletin n°55 : VISITES ARCHIDIACONALES DE JOSAS
de la paroisse de LINAS au milieu du 15ème siècle (janvier 2017)

  En 2004, Pierre Fernandez, collectionneur linois et membre de notre association, fit l'acquisition chez un libraire parisien du livre "Visites archidiaconales de Josas" par l'Abbé J-M Alliot daté de 1902. Cet ouvrage se réfère a un manuscrit de la seconde moitié du 15ème siècle qui rend compte de visites de contrôle de l'autorité ecclésiastique du fonctionnement des différentes paroisses de l'archidiaconé de Josas, dont la paroisse de Linas faisait partie. Bien évidemment, ce document est écrit en latin, un latin moderne, compréhensible par les intéressés de ces visites. Fallait-il encore en établir la traduction. Pierre Fernandez lança donc un appel à l'aide via internet. Madame Geneviève Hoêttick-Gadbois de Bures sur Yvette qui étudiait ce document et qui rédigeait alors un article pour la revue de l'histoire de l'église de France répondit à cet appel et accepta de communiquer gracieusement une traduction des textes concernant la paroisse de Linas.
  C'est ce document qu'André Lamblot nous propose à l'étude. Même s'il est circonscrit à une période relativement courte de 1458 à 1470, il présente l'intérêt de décrire un espace spirituel essentiel alors dans la vie des Linois. Une période de reconstruction après la guerre de 100 ans qui sera pertubée par la bataille de Montlhéry en 1465. Il nous renseigne sur l'état de la paroisse et le fonctionnement des institutions ecclésiastiques. Et surtout, il nous interpelle sur la désignation des marguilliers qui avaient à gérer les biens de la fabrique paroissiale. Quelques siècles avant la révolution des institutions de la fin 18ème siècle, il s'agit sans doute d'un premier exemple d'une démarche de démocratie villageoise directe

Bulletin n°53 : Détours dans la mémoire de Linas (décembre 2015)

  Lors des festivités organisées pour fêter les 30 ans de Patrimoine et Traditions le samedi 8 novembre 2014, nous avons proposé à tous les participants un jeu "questions pour un Linois" à la manière du jeu télévisé "questions pour un champion". Les participants, en fonction de leur localisation dans Linas ou de leur choix, jouaient pour une zone géographique du vieux Linas. Ainsi trois équipes se sont confrontées: l'équipe Grande Rue, Fromagère - l'équipe Pellereine, Autodrome et l'équipe Saint-Méry, Monvinet. Les questions proposées étant en lien avec des hommes, des lieux, des constructions, des objets... autant d'éléments qui ont marqué à divers degrés l'histoire de la commune ou qui ont eu un lien avec elle.
   Nous vous proposons dans l'ensemble des questions qui auraient pu être posées lors de cette animation et ainsi vous remémorer ou bien découvrir ces nombreux éléments qui peuvent constituer une part du patrimoine historique et culturel de Linas. Pour bon nombre d'entre eux, nous vous renvoyons à un, voire plusieurs bulletins thématiques les concernant.
   A vous donc de revivre le jeu "questions pour un Linois" et de tester vos connaissances sur Linas.
   Nous profitons de l'opportunité que nous offre la parution de ce bulletin pour vous présenter le contenu du dépliant qui sera à disposition de tous à la mairie. Ce dépliant est en lien avec le patrimoine immobilier de la commune, puisqu'il nous invite à cheminer dans le vieux Linas pour le découvrir.
   Bons détours dans la mémoire de Linas.
M. Petit

Bulletin n°52 : Linas et l'Autodrome en 1925 (juin 2015)

  Jusqu'à ces derniers temps, Messieurs les Journalistes, parlant du château de Saint Eutrope et de l'autodrome, paraissaient ignorer Linas. Pour eux, seules les villes d'Arpajon et de Montlhéry existaient, or, Arpajon est séparée du territoire de Linas par ceux de Saint Germain Lès Arpajon et d'Ollainville. Nous leur concédons toutefois que la dite ville est notre chef lieu de canton, qu'elle possède une halle historique, qu'autrefois elle s'appelait Chastre. Quant à Montlhéry, elle est pour nous la commune soeur. Nous sommes fiers de sa tour que nous ne revendiquons pas, bien qu'elle semble contempler Linas, son église du XIIIe siècle, notre Hôtel de Ville et nos précieux faubourgs de Saint Eutrope et du Fay où tout à l'heure vous jouirez de sites enchanteurs par les différents panoramas qui s'offriront à vos yeux.
E. Pillon, Maire de Linas

Bulletin n°51 : Eglise SAINT-MERRY : LA RESTAURATION (janvier 2015)

  Le samedi 5 avril 2014, l’église de Linas rouvrait ses portes. Pour l’occasion, les instances catholiques et la municipalité de Linas ont fêté l’événement. Il faut dire que l’église avait été fermée pendant 19 ans. La stabilité de l’édifice s’avérait défaillante. Dès 1996, plusieurs campagnes de fouilles archéologiques ont révélé la présence de nombreuses sépultures dont les plus anciennes datent de l’époque mérovingienne. Elles ont également mis à jour les fondations d’un édifice religieux antérieur entre le chœur et la nef actuelle. L’installation de 240 micropieux pour stabiliser l’assise de l’édifice s’est achevée début 2009. Les travaux de restauration ont alors été programmés en trois phases. En avril 2014, c’est la première phase du programme de restauration qui prenait fin.
  Il nous a semblé intéressant que Patrimoine et Traditions fasse le point sur ces travaux. André Lamblot nous en rend compte en les détaillant et les illustrant par les clichés réalisés par Pierre Fernandez qui, régulièrement, a photographié les différentes étapes de la restauration.
  Aujourd’hui, l’ouverture de deux baies sur les deux premières travées de la nef, côté nord, créées fin du XIXème siècle et le badigeonnage à la chaux des murs intérieurs ajoutent encore à l’éclat de notre lumineuse église.
Au cours de ses siècles d’existence, l’église a connu plusieurs restaurations et transformations, il faudra attendre 2016 pour qu’elle efface une nouvelle fois l’usure du temps.
  Alors, les travaux de restauration des façades et du clocher seront, à coup sûr, l’occasion d’enrichir une nouvelle fois l’histoire de cet édifice passionnant ! (Antoine Madelénat, architecte du patrimoine)

Bulletin n°50 : Les lieux de sépultures à Linas.
3ème partie : Tombes et monuments funéraires du cimetière (janvier 2014)

  Le cimetière est la ville après la vie, mais à côté de la ville des vivants. Les administrations publiques reviennent à la situation de l’Antiquité gréco-romaine en sortant les cimetières des villes. Il s’agrandit quand la ville des vivants s’agrandit. Il est structuré, découpé en parcelles accessibles par des allées rectilignes. Les tombes et autres monuments funéraires tels les habitations des vivants suivent les évolutions architecturales du temps. Dans sa partie la plus ancienne, l’ordre socio-économique est visible dans le choix des emplacements et la qualité des constructions.
  Dans ce troisième volet sur les lieux de sépultures à Linas, nous nous intéressons à l’occupation du cimetière depuis 1866. Nous nous imposons une limite temporelle d’étude, à l’image de la divulgation de certains documents d’archives à caractère personnel. Leur consultation est différée dans le temps. Ainsi, nous ne risquons pas de heurter la sensibilité des parents des défunts.
  L’agencement structuré du cimetière nous permet de considérer trois parties géographiques délimitées par des allées correspondant, à peu près, à une chronologie d’occupation. Nous les nommerons secteur 1(rouge), secteur 2(bleu) et secteur 3(vert). Le secteur 1 étant le plus ancien. Il est bien évident que dans les secteurs d’occupation anciens 1 et 2, certaines concessions temporaires ont été relevée et réemployées plus récemment. Le secteur 3 correspond à la partie du cimetière la plus récente ; il s’agit d’un agrandissement du cimetière réalisé en 1972 avec l’acquisition par la mairie d’un terrain de 3250m2 portant ainsi la superficie totale du cimetière à 8053m2. Notre étude portera donc plus particulièrement sur les secteurs 1 et 2.

Bulletin n°49 : Les lieux de sépultures à Linas.
2ème partie : le nouveau cimetière (janvier 2013)

  Début 1866, le nouveau cimetière ouvre ses portes. Relégué rue des Sablons, à la sortie de la commune pour des raisons hygiénistes, il s'écarte alors du centre religieux, l'église. La mort s'éloigne des vivants malgré les réticences des villageois. Le defunt était alors bien présent dans l'univers des vivants, considéré, par sa famille, comme un des maillons d'une grandechaîne dont les derniers descendants étaient ceux qui allaient perpétuer la lignée (ainsi on donnait à l'ainé(e) des enfants le prénom du père ou de la mère). Comme l'écrit Jacques Gélis (Etampes-Histoire) L'individu n'existe que par la famille; vient-il à disparaître, l'essentiel est qu'il y ait une relève, c'est à dire des enfants qui poursuivront la grande saga familiale.
  A la fin du XIXe siècle, avec la loi du 15 novembre 1887 sur la liberté des funérailles et le décret du 27 avril 1889 relatif à l'incinération, une lente mutation culturelle se met en marche. Désormais la volonté du defunt de décider du lieu et du mode de sa sépulture (inhumation ou incinération) peut être prise en compte.
  Il faut néanmoins attendre la deuxième moitié du XXe siècle pour qu'elle se concrétise de façon significative. La solidarité des générations se délitant, les rites du passé vont progressivement s'étioler en s'affranchissant des contraintes : condoléances, port du deuil vestimentaire... Le cercle familial se resserre alors, le choix des funérailles va s'individualiser en se dédouanant de l'influence des proches. Et la crémation si longtemps marginale, autorisée par l'église catholique depuis 1963, devient aujourd'hui une pratique courante.   Malgré l'érosion des pratiques religieuses, une fois l'an, ce sont tous les morts qui sont fêtés à l'occasion de la fête qui leur est dédiée. Une coutume qui paradoxalement, elle, perdure sans faiblir.
  La commune n'est plus, le plus souvent aujourd'hui, le lieu où l'on naît et où l'on meurt. Son cimetière est le lieu où l'on "repose" après la mort mais avec l'évolution des mentalités pour combien de temps encore ?

Bulletin n°48 : Les lieux de sépultures à Linas.
1ère partie : les anciens lieux de sépultures (octobre 2012)

 Aborder le sujet des lieux de sépultures peut sembler délicat pour certains d'entre nous car il renvoie à notre rapport à la mort. Déjà, les hominidés de Néanderthal inhumaient leurs morts. Cette démarche des vivants relève sans aucun doute de croyances sur le devenir post mortem des défunts. A Linas, les plus anciennes sépultures découvertes datent de la fin du VIe siècle, des époques gallo-romaine et mérovingienne. Groupées à proximité d'un site de peuplement, elles constituent la plus ancienne nécropole connue de la commune. Elle fut mise à jour à l'occasion des travaux de terrassement entrepris lors de la construction de la gare du tramway "l'Arpajonnais" en 1891. Une autre découverte- des haches de silex- plus à l'ouest lors de ces mêmes travaux atteste de la présence de l'homme en ces lieux au moins deux millénaires avant notre ère! Sans interruption depuis l'antiquité tardive jusqu'au milieu du XIXe siècle, cet endroit sera utilisé comme lieu de sépultures.
  Avec l'avènement du christianisme, les vivants vont rapprocher les sépultures de leurs morts au plus près du lieu de culte. Certains se font enterrer dans l'église. Les autres dans l'annexe de l'église, le cimetière. C'est un lieu consacré et plusieurs individus en sont exclus : juifs, excommuniés, hérétiques, suicidés, enfants mort sans baptême. D'autres encore n'ont pas leur place dans le cimetière paroissial. Ainsi, les lépreux de la léproserie St Lazare (aujourd'hui site du château d'eau) sont inhumés au sein même de la léproserie par souci de non contagion.
  Jusqu'à la révolution, les cimetières sont sous l'autorité de l'église. Puis la propriété et la gestion des cimetières sont confiées aux communes. Dès lors, le cimetière n'est plus religieux mais laïque, tout le monde peut y être enterré. La loi du 23 prairial an XII (12 juin 1804), complétée par l'ordonnance du6 décembre 1843, impose, pour des raisons de salubrité, que les cimetières se trouvent "hors l'enceinte des villes et des faubourgs". En 1866, Linas va alors se doter d'un cimetière moderne à la sortie du village côté Guiperreux. L'ancien cimetière derrière l'église va alors être désaffecté. Plus aucune mise en terre n'est autorisée et pour ceux qui le souhaitent, le transfert des tombes de leurs proches dans le nouveau cimetière peut se faire sous certaines conditions. Les vestiges du vieux cimetière derrière l'église seront présents jusqu'au début du XXe siècle. Aujourd'hui, le cimetière s'est agrandi. Son aménagement répond tout à la fois à la volonté des hommes attachés aux rites du passé et à ceux qui optent pour l'incinération avec l'installation d'un columbarium qui accueille les urnes funéraires. Le mot cimetière vient du latin coeméterum et du grec koimètèrion et se traduit par "lieu où l'on dort". Ainsi le cimetière est le lieu du repos éternel chez les croyants comme le montrent les inscriptions que l'on trouve sur les anciennes tombes "ici repose...". Il est aussi lieu de souvenir, de recueillement, de commémorations.

Bulletin n°47 : Une grande route à travers les siècles (2ème partie) (janvier 2012)

 L'automobile fait son apparition à l'aube du XXe siècle. Les transports routiers, progressivement reprennent une place qu'ils avaient en partie abandonnée aux transports ferroviaires. Et les transports hippomobiles vont, quant à eux, subir alors l'implacable concurrence de la nouvelle venue. Un des atouts de l'automobile est l'équipement des roues avec des pneumatiques inventés par Dunlop pour les bicyclettes en 1888 et adaptés pour la voiture dès 1895 par Michelin. Ils confèrent un plus grand confort et offrent plus de sécurité. Les pavés se révèlent alors désagréables voire dangereux pour les automobilistes. L'automobiles imposent alors ses exigences et la route va devoir s'adapter. Son goudronnage progressif va la rendre plus carrossable. En 1909, la RN7 est partiellement goudronnée devançant alors la RN20. Il faut attendre 1924 pour que les Ponts et chaussées envisagent la réfection de la RN20 depuis l'entrée nord dans le département de Seine et Oise jusqu'à la sortie de Linas alors pavée.La construction de l'autodrome de Linas-Montlhéry accélère cette décision (A.D. 2S19). Il est alors prévu de la recouvrir d'un revêtement spécial. Sont exclues les parties de la route qui comportent des déclivités moyennes supérieures à 4 cm par mètre ainsi que les traversées de Longjumeau et Linas (A.D. 2S254). Dans les années trente le réseau routier national est à peu près goudronné.(E.T. p98). En 1900, 3000 véhicules automobiles circulent en France, dix fois plus qu'en 1895, mais dix fois moins qu'en 1921 (E.T. p101).
 A Linas, au début du siècle, c'est le maire Ernest Pillon qui, le premier, acquiert une automobile. Il offre alors aux élèves admis au Certificat d'Etude Primaire une promenade dans son automobile pour les récompenser.

Bulletin n°46 : Une grande route à travers les siècles (1ère partie) (décembre 2011)

 Suivant la formule convenue, l’origine de la RN 20 date de temps immémoriaux. En effet, nous pouvons imaginer que la route existait bien avant que l’on trouve des traces de son existence. Comme l’écrit l’historien Michel Roblin, la route, en général, n’a pas d’âge, pas de nationalité, elle correspond à des nécessités immuables. Elle est éternelle et bien avant les hommes, les troupeaux du quaternaire en avaient indiqué la direction.
 Linas s’est développé sur cet axe de communication. Son tracé à été, au cours des temps, modifié à plusieurs reprises. Il s’est déplacé plusieurs fois vers l’ouest du territoire.
 Le passage d’une route des plus importantes, voire la plus importante de France, induit et favorise les échanges entre les voyageurs qui l’empruntent et les habitants des villages étapes. Sa présence privilégie certaines activités économiques. La vie en grande partie s’est organisée aux alentours de la grande route. En feuilletant les bulletins que nous avons déjà écrits, nous nous apercevons que très souvent la route est évoquée par l’activité qu’elle génère. Ainsi Linas est le siège d’un relais de poste et accueille de nombreuses auberges jusqu’à la 2ème moitié du XIXe siècle. Elle a eu, à n’en pas douter, un impact sur les mentalités, sur les comportements et a façonné les personnalités. Le terme « les chiens » pour désigner autrefois les habitants de Linas n’est pas anodin. A notre sens, il peut sans doute être rapproché de la présence de la grande route. Le trafic routier devait provoquer de l’animation, voire, une certaine agitation. En plagiant le proverbe, les chiens aboient quand la caravane passe, on peut les doter d’une telle réputation ! A titre comparatif, les habitants de Leuville étaient, entre autres, désignés par le sobriquet « les sauvages » (le nom d’un lieu dit). L’éloignement du village de la grande route prédisposait, peut-on le supposer, ses habitants à un repli sur eux-mêmes.
 Depuis 1952 et la construction de la déviation, les voitures en transit ne passent plus au centre du village laissant alors une relative tranquillité intra-muros. Aujourd’hui, le flux sur la déviation est à certains moments de la journée tel, qu’il provoque des embouteillages dignes de ceux générés par les manifestations sportives pendant les grandes heures de l’autodrome.
 Les « chiens » de Linas n’auraient-ils pas sujet à aboyer ?
 Dans les 2 bulletins 46 et 47 nous nous intéresserons à l’impact de la route sur la vie quotidienne à travers du dépouillement de diverses archives dont deux registres communaux qui rendent compte de faits divers autour de la route. Nous évoquerons également les travaux projetés pour fluidifier le trafic jusqu’à l’ouverture de la déviation le 29 novembre 1952.

Bulletin n°45 : 1939-1945 Histoires de guerre à Linas (janvier 2011)

 Evoquer au plan local une page de notre histoire aussi douloureuse que celle de la période 1939-1945 n'est pas aisé. Les événements ont laissé des traumatismes au sein de plusieurs générations de français qui ont eu du mal à s'estomper. Le conflit a généré alors une scission parmi les français qui déborda le cadre du débat d'opposition d'idées pour engendrer des mesures violentes et discriminatoires. Linas n’a pas échappé au cours controversé de cette période. C'est ce qui explique que nous avons tardé à recueillir des témoignages auprès des Linois qui ont vécu ces heures sombres. Aujourd'hui notre intention dans ce bulletin est de rendre compte de la façon dont les faits marquants de cette guerre ont été vécus à Linas mais aussi évoquer ceux qui ont plus particulièrement concerné notre commune.
 Les quelques personnes qui ont bien voulu témoigner ont été, suivant leur âge et leur condition, acteurs, spec¬tateurs voire victimes des événements.
 Aujourd'hui, le temps de la réflexion et la patine des ans ont pu infléchir leurs propos.
 Cet effort de mémoire, sans raviver les rancoeurs peut contribuer à ne pas oublier afin que l'histoire ne recommence.

Bulletin n°44 : LES 100 ANS DE LA CLASSE D'AUTREFOIS (Première partie) (decembre 2010)

  L’ouverture d’une 2ème classe de garçons le 10/10/1910 dans les bâtiments d’école construits en 1903, nous a donné l’occasion d’organiser diverses manifestations pendant 3 jours, afin de fêter cet anniversaire. Notre volonté était de toucher un public de toutes générations. Nous avons, pour donner une plus grande dimension à l’événement, sollicité des acteurs qui œuvrent autour de l’école : la Caisse des Ecoles, l’Association Autonome des Parents d’Elèves (A.A.P.E.), l’Union Sportive de l’Enseignement du Premier degré (USEP) et la Municipalité. Hasard heureux du calendrier, cet anniversaire correspondait aux 10 ans d’existence de l’A.A.P.E. à Linas et des 10 ans du projet autour de l’histoire de l’école autrefois proposé aux écoles élémentaires du département.
Les différentes animations proposées ont eu une couverture médiatique importante aussi bien par la presse locale et régionale que par la municipalité.
En préambule, une exposition sur l’évolution des bâtiments d’école présentée lors de la fête de Linas les 26 et 27 juin 2010 avait annoncé les festivités à venir.
Le temps fort de ces trois journées a été l’épreuve du certificat d’études de 1909, le dimanche, dans la classe « d’autrefois ». Deux sessions ont été nécessaires pour accueillir les nombreux participants. Un reportage présenté par France 3 dans le journal régional de 19h le soir même a rendu compte de l’événement.
Ces trois jours d’animations, au-delà de la dimension festive, se voulaient informatives voire pédagogiques. Nous avons pu mesurer l’écho qu’avait notre action auprès d’une population qui dépassait le cadre des sympathisants.
Ce fut une mobilisation forte de la part de ceux qui ont contribué à leur conception et à leur réalisation. Et nous nous rendons compte combien il est nécessaire que d’autres passionnés d’histoire locale nous rejoignent pour enrichir notre réseau de forces vives.
Il nous semble intéressant de présenter le programme des festivités organisées les 8, 9 et 10 octobre 2010 et ainsi garder une trace de cet événement.

Bulletin n°43 : DES BATIMENTS ET DES ECOLES (Première partie) (novembre 2010)

  Il y a 100 ans, sous le mandat du maire Ernest Pillon, une deuxième classe de garçons était construite dans le prolongement de la première classe bâtie en 1903 en bordure de la rue Jules Ferry. L’éducation était l’une de ses préoccupations et a tenu une place importante au cours de ses mandats successifs entre 1891 et 1927. Son père était instituteur et lui-même exerça cette profession quelques années. Le projet fut diligenté rapidement. La construction fut réalisée en quelques mois et la classe accueillit ses premiers élèves le 10/10/1910. Le souci d’harmonie avec le bâtiment contigu donne l’impression d’une unité de construction qui tranche avec l’ajout de la troisième classe en 1958.
 Aujourd’hui, un siècle plus tard exactement, la classe n’a pas perdu sa vocation initiale, celle de local d’enseignement. Désormais lieu de mémoire, elle accueille chaque année depuis 10 ans déjà un cinquantaine de classes du département. Elle permet aux élèves d’aujourd’hui de découvrir ce qu’était l’école à l’époque du certificat d’étude et de réfléchir à son évolution.
 Dans ce bulletin, nous profitons de ce jalon anniversaire pour retracer l’évolution des bâtiments d’école à Linas. Au travers des documents d’archives que nous avons étudiés, nous voyons combien la place de l’éducation est importante dans les gestions paroissiales puis communales successives. Les décisions concernant la construction de nouveaux bâtiments peuvent être rapides, mais aussi prendre plusieurs années : 8 ans pour la mairie-école, près de 10 ans pour le grand bâtiment ouvert en 1969. Aujourd’hui, au regard des effectifs d’enfants scolarisés croissants, la question est encore à l’ordre du jour. La construction d’une nouvelle école est depuis plusieurs années évoquée. Les propositions d’emplacement se sont succédées : chemin de Tabor, Guillerville, rue Robert boillot (près de l’autodrome). L’histoir est parfois un recommencement.

Bulletin n°42 : DES SONS et DES LUMIERES (3ème partie) DU REVERBERE AU BEC DE GAZ (décembre 2009)

 Fin du 18e siècle, Linas, situé sur la route la plus importante du royaume est un lieu de passage fréquenté par de nombreux voyageurs. La densité des relais et auberges dans le bourg est là pour attester cette activité. Il en résulte toute une économie induite par leurs présences. Entre autre, la fourniture de chandelles qui est assurée par pas moins de 5 épiciers pendant la révolution.
  Roger Bertel ne résiste pas à nous dresser un tableau de cette période à Linas. Paris n'est qu'à cinq lieues de Linas. Les événements qui s'y produisent sont rapidement colportés au village. L'effervescence rapportée et les pénuries provoquent des craintes. Des mesures sont précipitées comme la création de gardes bourgeoises. Des convois sont arrêtés en direction de la capitale et la réquisition de grain décidée.
  Au cours du 19e siècle, Les recherches des savants en matière d'éclairage vont s'accélérer. De nombreuses découvertes et innovations vont voir le jour. En 1806, à Linas le premier éclairage public est réservé à la maison commune (ancêtre de la Mairie), 10 rue St Merry. Progressivement Linas va s'équiper. En 1842, ce sont 6 réverbères à huile qui vont éclairer les rues linoises. Ils sont 23 en 1883. Puis viendront les heures de gloire du gaz d'éclairage.
  En 1909, Linas ne veut pas rester en retrait des communes avoisinantes, un nouvel éclairage public avec pose de canalisations et branchements aux nouvelles lanternes est décidé. La grande guerre marquera un temps d'arrêt dans l'utilisation de l'éclairage public par pénurie et augmentation des coûts. Le retour à la vie paisible favorisera alors l'arrivée de l'électricité. Les foyers vont aussi s'équiper et toute une civilisation va entrer dans une ère nouvelle.

Bulletin n°41 : DES SONS et DES LUMIERES (2ème partie) DE LA LANTERNE AU REVERBERE A LINAS (août 2009)

 Pour faire suite au numéro 40, "Cloches et Horloges de Linas", premier des bulletins ayant pour thème "des Sons et des Lumières", voici le second volet: "De la Lanterne au Réverbère", consacré à la lumière depuis les origines jusqu'à la Révolution de 1789. Le troisième numéro traitera de la période contemporaine.
 L'homme préhistorique avait compris tous les intérêts que pouvait procurer la maîtrise du feu. Dompter le feu pour cuire les aliments. Mais aussi pour s'éclairer afin de vaincre la peur de l'obscurité et de l'inconnu et pour s'affranchir du rythme du jour imposé par les saisons et ainsi prolonger le temps de veille.
 La lumière du feu a toujours exercé une certaine fascination chez l'homme. On trouve un certain nombre d'expressions qui montre l'intérêt qu'il porte à tous ces objets qui procurent la lumière. Elles sont inscrites durablement dans le patrimoine linguistique collectif. A la lecture de ce bulletin, Roger Bertel nous fait découvrir l'origine de certaines d'entre elles et la justification de leur emploi dans des chansons populaires.
 Il retrace dans cette première partie les étapes de l'évolution jusqu'à la Révolution de 1789 qui permit à l'homme de maîtriser la lumière et de l'utiliser pour améliorer ses conditions de vie.
 Cette lente évolution qui verra les techniques de conservation puis de production du feu se perfectionner. Puis les moyens d'éclairage devenir de plus en plus performants.
 L'insécurité dès la tombée de la nuit à Paris sera une préoccupation des souverains de tous temps. Elle aura le mérite de faire progresser les moyens d'éclairage et rendre la vie nocturne plus sécurisée.
 A Linas, la vie y est plus paisible et le prolongement de la journée se fait autour de la cheminée ou grâce à des moyens qui n'évolueront que lentement et modestement.
 Souvenirs des temps révolus, la chandelle, la bougie et la lanterne qui ont traversé les siècles, n'ont plus qu'une utilisation décorative et festive. Elles ont été dépossédées de leurs fonctions initiales par la Fée Electricité.

Bulletin n°40 : DES SONS et DES LUMIERES (1ère partie) CLOCHES et HORLOGES de LINAS (janvier 2009)

 L'homme de tout temps, a cherché à comprendre les mécanismes répétitifs du temps qui passe et à en connaître les rouages afin d'adapter ses comportements pour son profit. Une gestion maîtrisée du temps garantit l'ordre des choses. La religion a imposé des repères temporels et ainsi a marqué de son influence les civilisations. Les bâtisseurs de cathédrales et d'églises ont dressé dans l'espace des monuments dont la grandeur était à l'image de la foi qui les animait et qu'ils voulaient faire partager. Ils ont veillé à les doter de clochers abritant ces cloches, instruments ô combien essentiels pour cette maîtrise du temps au service du culte. Comme nous l'apprend Roger Bertel, à Linas elles ont pendant des siècles carillonné joyeusement pour les fêtes locales. Elles ont sonné le glas pour les décès, le tocsin pour les incendies. Leur fonction dépassait le cadre purement religieux. L'église détenait aussi le pouvoir de rythmer la journée. Elle conserva longtemps cette prérogative sur la maîtrise du temps. Elle lui sera contestée après le 11ème siècle surtout dans le nord de la France par le beffroi, haute tour pourvue d'une cloche qui garde la paix et qui a pour vocation d'annoncer des marqueurs du temps non religieux comme le couvre-feu. Pendant la révolution en 1792, la patrie en danger décide pour motif impérieux de besoin en métaux de fondre toutes les cloches. Linas ne sera pas épargné. Après la révolution l'église cherchera à rétablir ses droits. Mais le pouvoir civil s'affranchira progressivement de sa tutelle. L'épisode rapporté du conflit entre le maire et le curé en 1812 (p18) est significatif de l'état d'esprit qu'il régnait alors. La construction de la mairie école de Linas en 1846 en imposant un campanile doté de plusieurs cloches permettra une clarification. Les faits religieux aux cloches de l'église, les faits civils à celles de la mairie. Aujourd'hui, l'église de Linas toujours en restauration reste muette, la mairie depuis 2008 fait entendre de jolis sons harmonieux pour marquer discrètement les divisions du temps. Mais finies les grandes envolées sonores qui sensibilisaient le plus grand nombre. Les hommes se sont émancipés de l'uniformité des usages et des moeurs.

Bulletin HORS SERIE : Alexandre Lamblin à Linas-Montlhéry. Un homme... Un rêve... Un autodrome... (Octobre 2008)

En ce début de 20ème siècle, le développement de l'automobile suscite des vocations sportives. Plus vite ou plus loin, les passionnés vont faire reculer les limites d'un sport en rapide progression. La necessité de réaliser des circuits spécifiques adaptés, par soucis de sécutité et de performance, se fait sentir. Alors qu'à l'étranger des circuits fermés sont déjà construits. Paris tarde à se doter d'un tel outil. Alexandre Lamblin va apporter à la France la piste qu'elle n'a pu ou qu'elle n'a pas voulu construire.
  L'autodrome de Linas-Montlhéry est né de la passion, de la volonté et de l'ambition d'un homme. Alexandre Lamblin incarne cet élan généreux qui transforme une idée en réalisation. Son rêve le plus grand était d'établir sur le plateau de St Eutrope plus qu'une piste, une cité de l'automobile.
  La conception avant-gardistede l'anneau construit en 1924 va vite se révéler payante et la réussite va l'entraîner à le prolonger par le circuit routier dès l'année suivante.
  Le succès, il le tient à toutes les performances réalisées et sa renommée va vite être reconnue au sein du monde de l'automobile. Très rapidement, la piste sera qualifiée de "piste des records".
  Roger Bertel s'est passionné depuis de nombreuses années pour l'histoire de l'autodrome. Il nous rappelle ses grandes et tristes heures et nous fait découvrir combien la passion d'un homme a pu satisfaire celle de nombreux autres passionnés. Mais c'est aussi l'envers du décor qu'il nous dévoile. Il nous dresse le portrait d'Alexandre Lamblin et de sa famille, de ses espoirs et de sa faillite. Il nous restitue l'aventure de l'autodrome dans le contexte local et nous montre la place que devait prendre le projet au sein de l'économie des communes environnantes. Alexandre Lamblin avait bien compris que son projet devait recevoir l'assentiment des élus locaux (les anglais préfère Linas-Montlhéry à Brookland car il n'y a pas de nuisance ni de relation tendue avec le voisinage). Mais il n'avait pas suffisamment mesuré l'importance des accès au plateau. L'autodrome était conçu comme un lieu à la fois de performances et de spectacles. Les heures d'attente interminables parfois même jusqu'à Longjumeau vont décourager plus d'un spectateur. Les pilotes et les constructeurs, quant à eux, ne le bouderont pas. Il conservera encore pour plusieurs années son statut de piste des records.
  Aujourd'hui encore l'autodrome reste un lieu privilégié où les constructeurs et l'UTAC peuvent essayer leurs prototypes ou tester les équipements automobiles. Mais s'il a vieilli, il a bien vieilli et ne peut plus accueillir de grandes manifestations sportives. Le rêve d'Alexandre Lamblin était si grand qu'on ne peut pas le perdre de vue. L'autodrome n'aurait-il pas vocation à présenter dans son enceinte de façon permanente le souvenir de ses fastes années ?

Bulletin n°39 : LINAS, RELAIS DE POSTE
SUR LE GRAND CHEMIN ROYAL DE PARIS A ORLEANS (Juin 2008)

 La situation privilégiée de Linas, au carrefour d’un axe routier nord-sud ancestral et primordial en France (aujourd’hui RN 20) et d’une rivière (la Sallemouille) a favorisé très tôt le développement d’une communauté villageoise. Son activité économique s’est progressivement construite autour de son statut de village étape. Sa position géographique stratégique depuis Paris dans le dispositif de distribution du courrier mis en place par Louis XI conduira à l’installation d’un relais de poste.
 Roger Bertel nous fait revivre l’histoire de la Poste en France. Il s’est intéressé à l’histoire de l’activité liée à ce relais de poste linois installé au coeur du village. Et particulièrement à celle de la famille Divry dont Pierre Divry achètera la charge de maître de Poste à Linas en 1752. Famille, ô combien attachée au village dont Pierre Divry deviendra en 1788 Syndic de la paroisse et en 1790 premier maire républicain et dont le fils prénommé également Pierre sera lui aussi maire de Linas de 1813 à 1856.
 L’abolition des privilèges, dans la nuit du 4 au 5 août 1789, portera un coup fatal à celui des maîtres de poste. Toute l’activité induite par la route perdurera et prospèrera jusqu’à l’arrivée du chemin de fer avant le milieu du XIXème siècle. Un rapide déclin de toute cette activité s’opèrera alors. De nombreux commerces disparaîtront. Les auberges, relais de diligences, de loueurs de chevaux... fermeront.
 Fin du XIX>sup>ème siècle, les linois, sans doute marqués par ces déconvenues, se méfieront des évolutions liées au progrès et se montreront réticents aux propositions faites par l’administration en terme de communication et de télécommunication.
 Aujourd’hui, rue division Leclerc, la maison de l’ancien relais de poste et une grande partie des bâtiments liés à l’activité de la route sont toujours là et attestent de ce dynamisme.

Bulletin n°38 : LA TOPONYMIE LINOISE (3ème partie) (Mars 2008)

Ce troisième bulletin consacré à la toponymie linoise clôturera provisoirement nos recherches sur ce thème. Il s'agit ici de présenter les toponymes disparus ou ignorés par une majorité de linois. Et pour cause, ceux-ci ne désignent pas, le plus souvent, des voies de communication mais des chantiers1 et autres parcelles. Aujourd'hui, nous avons besoin de situer des habitations et c'est au regard du nom des rues que nous nous orientons. Hier, les habitants dont les professions étaient le plus souvent liées au travail de la terre avaient besoin de localiser les champs. C'est pourquoi les noms des lieux étaient alors primordiaux. L'usage les a oubliés car ils sont désormais rarement employés. Nous pouvons en retrouver un certain sur le cadastre actuel. D'autres n'ont pas survécu à la rédaction des cadastres successifs. L'urbanisation de la fin du 20ème siècle a été fatale à un grand nombre d'entre eux. Le nom St Lazare qui désignait un chantier circonscrit à la maladrerie St Lazare datée du 12ème siècle perdura au-delà du milieu du 20ème siècle, la construction de la Francilienne sur le site accéléra sa disparition. La création de nouvelles voies permet quelquefois de leur redonner vie. A titre d'exemple, la rue des Mitettes reprend le nom du chantier qu'elle desservait. Les noms concernant la voirie ancienne ont parfois été remplacés. Opportunités historiques obligent, la Grande Rue a été renommée rue de la Division Leclerc, une portion du chemin de la Cavée est devenue avenue Georges Boillot. Certains toponymes apparaissent furtivement au hasard des divers documents que nous avons étudiés (cadastre, plans, baux...). C'est le cas des Garllets sur le plan d'intendance de 1786. Ont-ils vraiment existé ? L'unicité de leur apparition nous fait douter. Ne sont-ils pas le fait de transcriptions erronées ? Les cartographes étaient étrangers au pays et reportaient sur papier les noms qu'ils avaient cru entendre. Plus près de nous, sur le plan actuel des rues, ne trouve-t-on pas chemin de Lagny à la place de chemin de Magny ? Cela conforte notre interprétation. De nombreuses interrogations sur le sens de certains toponymes restent sans réponse. Demain, d'autres documents aujourd'hui méconnus et les recherches des historiens spécialistes de la toponymie permettront de lever le voile sur le sens de certains d'entre eux. Ne nous aventurons pas de trop dans d'hypothétiques explications. Il est des raccourcis à ne pas prendre qui voudraient faire d'une apparence une évidence et l'afficher comme une vérité.
1 Division cadastrale d'un territoire

Bulletin n°37 : Voyage à Courances et Milly La Forêt (Septembre 2007)

Ce bulletin peut surprendre. Ceux que nous rédigeons habituellement rendent compte des recherches que nous effectuons sur une période, un élément de l’histoire de Linas. Et c’est là l’objectif premier de notre association. Mais l’histoire d’un village ne s’arrête pas à ses portes. Elle se construit avec celle des villages qui l’entourent et ne peut ignorer celle de territoires plus grands dont elle dépend. C’est en cela qu’il est intéressant de s’ouvrir à l’histoire d’autres horizons. Régulièrement nous rencontrons les responsables des associations d’histoire locales des communes du canton mais aussi du département. Nos échanges nous enrichissent mutuellement. Organiser des voyages à vocation historique entre dans cette logique. Voilà maintenant 5 ans que nous avons décidé d’aller voir plus loin. Cette activité est intéressante à plus d’un titre. Elle permet en outre de se retrouver, avec un certain nombre d’adhérents pour joindre l’utile à l’agréable et surtout resserrer un lien nécessaire à la bonne santé d’une association.
Roger Bertel est à l’initiative de ces voyages. Homme de culture, il en a organisé de nombreux pour ses élèves dans le cadre de son activité professionnelle. Ils nous ont conduits à Guédelon et à St Fargeau en 2002, à Jublains et Ste Suzanne en 2003, à Yèvre le châtel et Pithiviers en 2004, à Château Landon en 2006. Avec minutie, il nous concocte à chaque sortie un programme varié qu’il agrémente de commentaires savoureux.
Cette année, c’est la région de Milly la forêt que nous avons visitée. Denis Petit avait pris le relais. Et malgré un orage subit et violent qui nous a privés d’éclairage dans la chapelle Ste Blaise, le voyage préparé par Roger Bertel fut encore une fois très apprécié. Un voyage dans l’histoire où se mêlent des personnages comme Le Nôtre, Tinguely, Cocteau et l’amiral de Graville propriétaire du château de Milly la forêt mais aussi du domaine de la Roüe à Linas.
Ginette Bibiche et Gérard Brunel nous proposent dans ce bulletin de revisiter les lieux que nous avons parcourus ce dimanche 13 mai 2007.
Peut-être pour nous donner envie de repartir l’an prochain. Ne dit-on pas que les voyages enrichissent ceux qui les entreprennent.

Bulletin n°36 : L'Arpajonnais à Linas (Juin 2007)

Il y a 70 ans la Compagnie du chemin de fer sur route de Paris à Arpajon fermait le dernier tronçon de la ligne 88, entre la Porte d'Orléans et Antony. Un an plus tôt, en 1936, celui qui traversait Linas avait cessé d'être utilisé. C'en était terminé des files d'attente des voitures à cheval chargées de légumes, prêts à être transportés par l'Arpajonnais jusqu'aux halles de Paris. C'en était terminé de ces longues fumées âcres qui accompagnaient la venue du train et rendait l'instant de son passage l'air irrespirable. Les transports automobiles avaient pris le relais.
Que reste-il aujourd'hui du tramway qui a rythmé la vie de toute une population pendant plus de 40 ans ? La rue de l'Arpajonnais, tranchée importante, qui permettait au train de contourner le quartier Saint Merry et l'église, aux flancs de la butte de la tour de Montlhéry, un chemin en surplomb au passage de la sallemouille qui permettait de préserver une inclinaison acceptable, et puis parmi la friche, le chemin de la ligne qui s'incurve vers Leuville qu'une vue aérienne de Linas permet de deviner. Ces quelques traces tangibles peuvent sembler peu de choses. Mais n'oublions pas qu'il s'agissait d'un tramway sur route et que son tracé empruntait le plus souvent des voies existantes. Une fois l'Arpajonnais disparu, ces voies ont recouvré leur aspect, toiletté par le temps.
En feuilletant les documents d'archives, nous nous apercevons que les préoccupations, les souhaits, les réclamations étaient sensiblement les mêmes pour les communes situées au delà du tronçon électrifié d'Antony à Arpajon.
Nous appuyant sur les délibérations du conseil municipal et très modestement sur les témoignages des derniers Linois qui l'ont connu ou en ont entendu parler, nous allons survoler l'histoire de toute la ligne et c'est sur l'histoire de l'Arpajonnais à Linas que nous allons nous arrêter.

Bulletin n°35 : Linas hier, aujourd'hui (Avril 2007)

Vues de Linas hier et aujourd'hui. Mais de quel hier s'agit-il ? Bien évidemment, celui dont les limites extrêmes correspondent à l'origine de la photographie et plus particulièrement au début de la carte postale. Quelques-unes présentées ici remontent à la fin du XIXème siècle. Les photographies de Linas aujourd'hui ont été prises entre mai 2006 et janvier 2007. Qu'est-ce qu'un siècle dans l'histoire d'une communauté ? Les modifications de l'environnement liées à l'activité de l'homme sont des plus variables. Nous nous en rendons compte en feuilletant ce bulletin. Grâce au parti pris de mettre en parallèle des vues anciennes et des photographies prises du même endroit et le plus souvent du même angle, Gérard Brunel nous permet de mesurer l'évolution du paysage. Sa tâche n'a pas été toujours des plus aisée. L'urbanisation a parfois masqué le second plan. Comment respecter la position initiale du photographe à l'entrée nord de Linas sur la RN20 ? La circulation en plein jour y est toujours intense. Sauf... le 1er janvier !
La structure de la ville n'a guère évolué. Nous reconnaissons bon nombre d'habitations. Avec la construction de l'autodrome en 1924, certaines se sont parées de panneaux publicitaires. Une impression de quiétude semble se dégager de ces vues d'hier, peut-être accentuée par l'omniprésence de l'automobile sur les prises d'aujourd'hui.
Il est un quartier qui a particulièrement changé. Celui derrière l'église. Quelle mutation dans le paysage ! Plus de gare, plus de rails, plus de tramway. Malgré la fermeture de la ligne Paris Arpajon en 1936, la gare désaffectée ne sera rasée que quelques 30 ans plus tard pour laisser place à des HLM que nous retrouvons encore aujourd'hui.
Pour mieux comprendre ces évolutions, les commentaires joints par Roger Bertel nous apportent l'éclairage complémentaire nécessaire.
Il est un quartier que nous ne présentons pas ici. Celui de la rue St Merry. Et pour cause, aucune carte postale ancienne connue à ce jour ne le représente ! Un oubli des éditeurs de cartes postales, certes pas. Des raison économiques justifient la censure. Dommage !
C'est l'évolution de tout un cadre de vie que vous allez découvrir. Et à travers elle, c'est la question du cadre de vie de demain que nous devons nous poser.

Bulletin n°34 : La toponymie linoise 2èmepartie (décembre 2006)

Précédemment, dans le bulletin n°32, nous nous étions plus particulièrement attachés au signifiant1 des toponymes. Ici, dans ce bulletin, nous nous sommes appliqués à rechercher leur sens. Il nous a semblé plus judicieux de distinguer ceux des toponymes qui sont familiers des linois d'aujourd'hui, de ceux qui ne sont plus utilisés qu'administrativement ou d'un façon confidentielle. C'est pourquoi nous avons dans un premier temps étudié les noms des voies : rues, chemins, impasses, les plus représentatifs de l'environnement contemporain. Ces noms ont des origines des plus variées. Ils peuvent s'appliquer à d'anciens chemins dont les états nous sont connus depuis celui de 1806 (voir bulletin n°29). Petits chemins ruraux qui permettaient aux paysans de se rendre sur leurs terres. Ils empruntaient alors le nom du chantier2 qu'ils desservaient (chemin du chêne moitié, chemin du champ de merle). Ou chemin vicinaux plus importants qui reliaient us souvent Linas à une autre commune (route de Leuville). 59 chemins ruraux, 4 chemins vicinaux et 3 rues intra muros (Grande Rue, rue Fromagère, rue St Merry), nous arrivons à un total de 66 voies de communications à la fin du XIXème siècle. Aujourd'hui, elles sont plus d'une centaine. L'urbanisation engagée dans les années 1970 justifie la création de ces nouvelles voies. Le choix des noms pour les désigner est du ressort du conseil municipal. Notre association Patrimoine et Traditions est parfois consultée pour la désignation d'une nouvelle voie. Dans ce cas, nous renvoyons, comme autrefois, au nom de l'ancien chantier où elle est localisée lorsque clui-ci n'a pas été déjà utilisé (allée du Mont Louvet, chemin des Mitettes). Lorsqu'il n'a pas été fait référence au chantier, le choix des élus s'est porté sur des noms en liaison avec le passé agricole de Linas (impasse des Maraîchers), sur des noms d'hommes à envergure nationale (rue Jules Ferry) ou à dimension locale (place Ernest Pillon) voire des noms d'hommes puisés dans l'univers du monde automobile en liaison avec l'autodrome (avenue Robert Benoist). plus près de nous, pour certains lotissements, leur choix a été le plus souvent des plus neutres en attribuant des noms identifiant l'endroit autour d'un thème (fleurs, oiseaux...). L'explication de ces toponymes est alors des plus aisées. Mais lorsque le choix s'est porté sur un nom de chantier, il nous renvoie plusieurs siècles en arrière. Il faut bien alors considérer que les explications restent incertaines et se situent le plus souvent au stade des hypothèses.
1ensemble des caractères qui constituent un mot
2Division cadastrale d'un terroir

Bulletin n°33 : Raid hippique de mars 1911 (juin 2006)

La carte postale au service de l'histoire locale, voilà un outil qui peut se révéler fort précieux. Elle présente le grand intérêt du témoignage objectif de la représentation d'un site, d'un monument à un moment précis de son histoire. Dans les collections de cartes de Linas une part belle est faite à la grande rue, à l'église, la mairie, à l'autodrome tout comme à aux temps forts d'animation que constituent les fêtes de la Belle Epoque au début du XXème siècle: la fête des fleurs, la fête des muses. Il est une série rare de 13 cartes postales connues à ce jour légendée "Rais Hippique" où l'on voit la population linoise massée au carrefour de la Fontaine, des oriflammes en nombre accrochés aux fenêtres. Autant de signes qui montrent l'importance du moment. Pierre Fernandez cartophile de l'association Patrimoine et Traditions s'est intéressé à cet événement qui à dû participer à l'animation locale en ce printemps 1911. Le journal national "Le Matin" organisateur du raid en collaboration avec le ministère de la guerre lui a révélé la teneur de cet événement dans sa dimension nationale. La consultation des archives municipales et départementales s'imposa pour en savoir plus sur cette traversée de Linas le jeudi 23 mars 1911 par le raid hippique. Mais aussi bien les délibérations du Conseil Municipal, que les journaux locaux (l'Abeille Etampoise, Le Matin) sont restés muets quant à la traversée de Linas. L'épopée équestre n'a pas laissé de trace locale outre ces instantanés. La déception est à la hauteur de la curiosité suscitée par l'animation des cartes. La mémoire collective, elle aussi, n'a rien retenu. Les anciens Linois n'ont jamais évoqué cette traversée alors même qu'elle se déroula un jeudi, jour de classe vaqué. Les plus jeunes sur les cartes auraient pu nous raconter. Alors quels enseignements faut-il en tirer ? Que l'événement à dimension nationale n'eut pas l'importance locale que les cartes et les colonnes du journal "Le Matin" font ressortir. Toujours est-il que ces cartes sont magnifiques et nous n'avons pas résisté au plaisir de vous les présenter et de les commenter. Elles sont, à notre connaissance aujourd'hui, l'unique témoignage de ce qui a été, ... aurait dû être un jour de fête à Linas.

Bulletin n°32 : La toponymie Linoise 1èrepartie (janvier 2006)

La Généalogie intéresse nombre d'entre nous. La recherche des ancêtres passionne même. La preuve, les médias se sont saisis de l'intérêt croissant pour la chose en invitant de célèbres généalogistes pour nous aider dans nos recherches. Les revues s'y référant foisonnent et les moyens de communication nouveaux nous aident. Dans l'air du temps, ce fait de société, né de l'anonymat des Hommes dans les villes, répond à un besoin de quête de nos racines. Avec elle, bien évidemment, l'onomastique (l'étude des noms propres) se développe. L'apparition du langage a permis l'identification et la reconnaissance des hommes et de leur environnement. Nous n'avons pas résisté à l'envie d'étudier ces noms qui désignent non pas des personnes mais des lieux dits, ces rues et autres noms de quartiers et de voies de communication qui constituent notre environnement linois. La toponymie et plus particulièrement la micro toponymie nous aident à les expliquer. Rue des amaryllis pour désigner une rue nouvellement tracée. Aujourd'hui, les législateurs locaux ont souvent le souci de donner à une voie nouvelle un nom approprié au site, à connotation positive voire neutre mais surtout ne pouvant pas susciter la controverse. Le plus souvent les noms de rue d'un nouveau quartier, d'une nouvelle résidence correspond à une même évocation thématique. Cela n'a pas toujours été la tendance, dès la fin du XIXème siècle, on baptisait ou rebaptisait les rue et autres espaces avec le nom grands hommes nationaux: rue Jules Ferry, rue Paul Bert - voire locaux: place Ernest Pillon. Auparavant les noms aux origines lointaines ont le plus souvent traversé les siècles, subissant des altérations et autres transformations au gré des évolutions historiques et culturelles. Nous avons cherché à savoir pourquoi et comment ces noms ont été choisis et sont parvenus jusqu'à nous. Pourquoi d'autres ne sont plus usités et sont en voie de disparition ou ont disparu (la butte rouge, Saint Lazare, ruelle des cordiers...).

Bulletin n°31 : Histoire du centre ville (décembre 2005)

Depuis les années 1970, l'urbanisation de Linas s'est progressivement étendue. Partant du pourtour du village elle va s'enfoncer plus profondément dans les terres de culture délaissées par les agriculteurs dont le nombre n'a pas cessé alors de décroître. Le vieux Linas a quant à lui, dans le même temps peu changé. Il a bénéficié d'un toilettage d'entretien justifié par l'usure du temps mais son aspect initial n'a pas subi de transformations radicales. Il faut remonter au début du XXème siècle pour trouver trace d'importants travaux qui modifièrent le paysage urbain des linois avec le percement de la rue Jules Ferry entrepris sous le mandat d'Ernest Pillon en 1902. Il permit une communication plus facile entre les quartiers de la grande rue et ceux proches de l'Eglise et un accès direct à la gare de l'Arpajonnais. Plus loin encore dans le temps, en 1846, la construction de la Mairie Ecole créa le centre politique et culturel qui manquait à la commune. Aujourd'hui la municipalité envisage de transformer une partie du vieux Linas qu'elle a baptisé "le coeur de ville". Son nom évocateur insiste sur l'aspect vital du projet et justifie sa mise en oeuvre. Les équipes municipales précédentes avaient déjà pris conscience de l'importance du lieu et réfléchi à son aménagement. Mais rien n'avait abouti. L'Association Patrimoine et Traditions ne pouvait rester insensible à un tel projet. Garant du patrimoine historique et culturel de Linas, nous avons entrepris un état des lieux du périmètre concerné et échangé avec l'architecte urbaniste en charge du dossier. Toutes les maisons et autres lieux visités sont autant de témoins de la vie de nos prédécesseurs. Modestement maisons de paysans ou d'artisans, mais aussi presbytère et maison commune. C'est encore un encadrement de porte voûtée, un réservoir à eau surélevé, une cave démesurée... Autant de vestiges du passé que nous ne devons pas oublier et ainsi conserver plus qu'un caractère rural, un art de vivre.

Bulletin n°30 : L'agriculture à Linas (janvier 2005)

L'eau exalte l'odeur de la tomate sur mes mains, pas désagréable, pas agréable non plus. Simplement si particulière, tenace comme cette pellicule verdâtre, que le filet d'eau qui s'écoule, a du mal à détacher malgré le concours du savon de Marseille. Ces mains légèrement tachetées par l'ébourgeonnage de quelques pieds de tomates de mon potager reprendront bientôt leur aspect habituel. Mais l'odeur est toujours là, intacte, comme l'est le souvenir de nos ancêtres qui ont inlassablement répété, durant leur vie entière, ces gestes si particuliers, propres à la culture de la tomate. L'ébourgeonnage, l'attache à la paille de seigle des deux têtes sélectionnées sur le fil de fer tendu puis plus tard la cueillette et l'emballage sur deux rangées dans des plateaux en bois ont laissé, pendant l'été, quotidiennement sur leurs mains ces traces devenues presque indélébiles. La célèbre tomate de Montlhéry, renom des environs a été l'objet, pendant près d'un siècle, des soins attentionnés des maraîchers des alentours. Après la guerre, en pleine saison, les cageots de tomates s'empilaient, chaque soir, devant les portes cochères pour être emportés par les commissionnaires vers les halles de Paris. Il est même arrivé qu'elles soient destinées à l'étranger ! Preuve si besoin était de leur renommée. Aujourd'hui, la foire à la tomate de Montlhéry est là pour rappeler cet illustre passé. Les anciens se souviennent et nous ont raconté. Mais des questions subsistent sur l'origine de cette culture dans notre région. Pays de vignerons jusqu'au XIXème siècle. La culture de la tomate a-t-elle remplacé celle de la vigne ? Nous sommes allés interroger les Archives des Yvelines (ancienne Seine et Oise). Les états statistiques réunis dans la série M nous ont en partie éclairés.

Bulletin n°29 : Histoire d'un territoire (3ème partie) (mars 2004)

Dans le premier bulletin concernant l'histoire du territoire de Linas, nous avons évoqué la constitution progressive de la paroisse ecclésiastique et fiscale de Linas et de l'occupation des terres jusqu'à la fin de l'ancien régime. Dans le second, nous nous sommes essentiellement intéressés à l'évolution des limites territoriales de la commune de Linas de la Révolution à nos jours. Il nous restait à étudier l'évolution de l'utilisation des terres et de leur distribution pendant la même période. Mais l'importance des documents concernant la distribution du territoire nous amène à différer l'étude de l'occupation des terres à un autre bulletin. L'aménagement du territoire est une préoccupation de tous les instants de la part des administrateurs successifs qui ont eu en charge la gestion de leur commune. Concilier l'intérêt particulier et l'intérêt collectif, voilà souvent une gageure délicate à réaliser. Ce qui est utile à l'abeille est utile à la ruche (proverbe anglais) ou ce qui est utile à la ruche est utile à l'abeille ? Les circonstances, les situations particulières peuvent guider les décisions à prendre. Ce qui semble évident hier ne l'est peut-être pas demain. Satisfaire le court terme sans hypothéquer le long terme. Certaines décisions d'hier peuvent sembler inopportunes ou malvenues, à nous Linois du début du 21ème siècle. Décisions qui auraient changé notre cadre de vie. Les exemples ne manquent pas. Ouverture d'un autre accès pour se rendre à l'autodrome (proposition rejetée par la municipalité en 1936)- Construction de la déviation de la RN 20 plus à l'Ouest de la commune dans les années 1950 (demandes faites par la municipalité mais rejetées en 1935 puis 1939).

Bulletin n°28 : De St Merry de Paris à St Merry de Linas - Les reliques - L'antiphonaire (janvier 2004)

L’église collégiale de St Merry de Linas dépendait de la Collégiale St Merry de Paris (angle de la rue St Martin et de la rue de la Verrerie). C’est autour d’elle, qu’hier se sont bâties les maisons de ceux qui lui étaient fidèles. Et c’est vers elle que convergeaient toutes les voies matérielles et spirituelles. Aujourd’hui, les portes de notre église sont fermées, depuis plusieurs années et pour encore plusieurs années. Cela a de quoi nous attrister, croyants et non croyants, d’autant plus qu’en passant près d’elle, nous n’avons cesse d’admirer les restaurations qui ont encore embelli ses extérieurs. Mais nous ne pouvons nous contenter de contempler ses beaux atours. C’est en son chœur aussi que s’est écrit son histoire et que s’exerce la ferveur religieuse. Roger Bertel a repris la plume. Et comme pour ne pas se satisfaire de cet état d’oubli fatal qui est en train de nous gagner, il nous transporte tout au long de son histoire à travers l’existence d’une châsse ou plutôt de plusieurs châsses. Il nous fait découvrir les fondements spirituels de notre église. A quels Saints successivement notre église est-elle vouée ? St Etienne, St Vincent, St Merry. Il redonne vie à des écrits comme avant lui l’avait fait le Sieur curé Lhuillier en 1798 : « ... pour que l’on se remémore ce passé et qu’il ne sombre pas dans l’oubli ». Ses minutieuses recherches sont pour beaucoup d’entre nous un précieux éclairage sur ce passé religieux au gré des époques. Aujourd’hui, comme pendant la période tumultueuse de la révolution, la châsse de St Merry et St Vincent ainsi que l’Antiphonaire sont en sécurité au presbytère. Les Reliques en ont été retirées, et nous ignorons ce qu’il en est advenu. Nous pensons que leur caractère religieux, qui s’est toujours affirmé dans les siècles passés, a conduit à leur donner une retraite en rapport avec leur valeur spirituelle. Nous poursuivons nos recherches dans ce sens et souhaitons avoir bientôt des informations complémentaires. Espérons que, dès la réouverture de l’église, ces trésors retrouveront leur place dans le bas-côté nord de l’église où elles demeureront le témoin palpable de la dévotion religieuse et de la longue histoire de ce lieu.

Bulletin n°27 : Histoire de l'autodrome : sombres heures ... tristes pages 1939-1942 (décembre 2003)

L’autodrome risque de vivre des heures difficiles. La non-homologation de la piste qui se profile en 2004 mettra en péril son existence. La mobilisation des amateurs des sports mécaniques et cyclistes ainsi que celle des nostalgiques des grandes heures de l’autodrome peuvent aider à sa survie. Il a dans le passé connu d’autres moments difficiles. La faillite en 1936. Et bien sûr, les années noires de la dernière guerre pendant lesquelles son utilisation fut bien éloignée de sa vocation initiale. Jacques Carlier, ancien instituteur auprès « des enfants du voyage » et passionné d’histoire locale (Marcoussis puis Linas) s’est intéressé à la vie de l’autodrome durant cette période. Avec pugnacité, il a fait œuvre de persuasion pour se faire ouvrir les portes d’archives qui semblaient fermées lourdement sur ce passé tragique. Par dérogation, il a eu accès à des documents dits « non communicables ». Il est ainsi en mesure, dans ce bulletin, de nous retracer en deux temps l’histoire de l’autodrome pendant cette période : terrain d’entraînement rapidement bâti pour la formation à la conduite de motocycles et d’automitrailleuses de novembre 1939 à mai 1940, puis camp d’internement de nomades de novembre 1940 à avril 1942. L’émotion est intacte au regard de lettres et comptes-rendus qui restituent la tragédie. Le récit de ses recherches nous éclaire sur ce que fut réellement l’histoire de l’autodrome à cette époque. Il permettra à n’en pas douter de dissiper des rumeurs comme « il y avait 5.000 nomades dans l’autodrome », rumeurs nées des imaginations en manque d’information.

Bulletin n°26 : Histoire d'un territoire (2ème partie) (juin 2003)

L'organisation administrative de la France fut l'un des premiers chantiers de l'Assemblée Constituante. Suite aux lois du 22 décembre 1789 et du 8 janvier 1790 la France fut divisée en 83 départements, le département en districts, le district en cantons et le canton en communes. Linois qui progressivement deviendra Linas s'inscrira dans le canton de Montlhéry, le district de Corbeil et le département de Seine et Oise. Avant ces transformations administratives issues de la révolution de 1789, l'Essonne actuelle pour l'essentiel faisait partie de la généralité de Paris. Linas du Vicomté de Paris lors des élections des Etats Généraux. Comme toutes les paroisses de l'Essonne, elle relevait d'une ruralité très marquée, accentuée par la proximité des capitales économique (Paris) et administrative (Versailles). Les paroisses étaient alors faiblement structurées administrativement et politiquement, mais elles possédaient une forte conscience de leur identité et des particularismes qui allait leur permettre de résister aux tentatives de réduction et de centralisation permanentes de l'Ancien Régime au Premier Empire. (n4 Ess p13). Ce qui peut expliquer un farouche attachement aux limites territoriales de la commune qui même si elles ne sont pas attestées par des actes patents sont considérées comme immuables. Lorsque Pierre Divry fils en 1820 est appelé à la reconnaissance des lignes de " circonscription " de la commune, c'est avec fermeté qu'il s'oppose à la demande de l'adjoint de Leuville qui souhaite agrandir le territoire de sa commune en annexant des terres reconnues Linoises proches des habitations de Leuville. Cela n'est pas sans nous rappeler les vives discussions qui existent aujourd'hui à propos du projet sur l'intercommunalité.

Bulletin n°25 : Les armoiries de Linas (janvier 2003)

Les linois sont familiarisés avec le sigle (ou le logo comme on dit encore) de Linas. Depuis de nombreuses années la Municipalité, de nombreuses associations " personnalisent " les divers documents qu’ils éditent, les banderoles, les oriflammes, les tracts publicitaires, avec l’écusson portant sur fond rouge, la palme, la crosse et l’étoile. Cependant, certains s’interrogent : " Quelle est l’origine et la signification de cet écusson, si agréable à l’œil ?… " Disons le tout net : cet écusson est issu des armoiries du chapitre de la Collégiale St Merry de Linas. Vers 1960, Monsieur PERDRIGEON étant maire, on a pu voir, le jour de la distribution des prix à l’école, décorant l’arrière du podium, un immense écusson en étoffe rouge, de près de 3 mètres de haut, orné d’une crosse d’or et d’une palme verte, surmontés d’une étoile d’argent. Cet écusson est décrit et commenté dans un ouvrage sur les blasons des villes du département conservé aux Archives Départementales. Il est la transposition des armoiries de la Collégiale, présentes dans l’église en plusieurs endroits, dans les siècles passés. voir ce bulletin ...

Bulletin n°24 : Histoire d'un territoire (1ère partie) (décembre 2002)

Linas. "Commune de l'Essonne, arrondissement de Palaiseau, limitrophe de Montlhéry. 2552 hab.-Eglise St Merry (XIIIème, XVIème siècle), sur le territoire de la commune, autodrome de Montlhéry". C'est en ces termes que le Petit Robert édition 1975 définit Linas. Bien évidemment il s'agit de clichés à champs réducteurs mais qui nous éclairent sur les éléments significatifs de notre patrimoine local. Ce sont ces éléments retenus qui peuvent participer au rayonnement de la commune à l'extérieur. L'église, bien sûr, édifice qui constitue un bel exemple de l'art gothique qui a traversé les siècles jusqu'à nos jours. Et depuis 1924, l'autodrome dont la notoriété a surtout rejailli sur…Montlhéry. Au travers des sources lacunaires d'un passé plus lointain de ce qui constituera notre paroisse puis notre commune, il semblerait que la place de Linas dans son environnement régional fût, à certaines époques, plus importante. Siège d'une maladrerie pour seize paroisses environnantes depuis le XIIème siècle jusqu'au XVIIème siècle (bulletin n° 23). Siège d'un Doyenné* rural aux XIIème et XIIIème siècles qui avec celui de Châteaufort groupaient toutes les paroisses situées au sud de Paris. Celui-ci sera transféré à Montlhéry au XIVème siècle. Et enfin, comme nous l'indique Michel Roblin dans son livre "Le Terroir de Paris", siège d'une cellule de défrichement de la région qui constituera au VIème siècle une paroisse de sept mille hectares soit presque dix fois plus grande qu'à la veille de la révolution. Cette terre dont le paysage a été façonné par des générations successives sera l'objet d'une investigation en 1786 par l'arpenteur Divert qui en dessinera les contours, aidé en cela par les autorités locales qui en avaient une parfaite connaissance, connaissance remontant à "des temps immémoriaux". Son aspect ne semble guère avoir changé entre le XIème et le XVIIIème siècle. Il évoluera peu jusque dans les années 1970. Les maraîchers ayant remplacé les vignerons, dès la fin du XIXème siècle. Et c'est alors que rapidement Linas sortira du monde rural. Un habitat de pavillons individuels occupera l'emplacement des terres cultivées dont la disposition respectera pour l'essentiel le réseau des chemins en place. Aujourd'hui, les terres à l'est de La Plante aux Boeufs et celles à l'ouest de la blanche Laine et de Vauguérin n'ont pas été urbanisées et patientent sous la friche. Le parc du château de Bellejame a fait peau neuve avec l'arrivée de nouveaux occupants. Alors demain nous devrions trouver dans le Petit Robert : Linas. "Commune de l'Essonne, arrondissement de Palaiseau, limitrophe de Montlhéry. 5020 hab.-Eglise St Merry (XIIIème, XVIème siècle), sur le territoire de la commune, autodrome de Montlhéry et Centre National de Rugby de Linas-Marcoussis". Espérons que la présence de ce centre, ne suivant pas l'exemple de l'autodrome, profitera au rayonnement de la commune.

Bulletin n°23bis : Les léproseries en Essonne (janvier 2005)

Le 6 mars 2004, les Associations Historiques et Archéologiques du Centre et Sud Essonne s’étaient donné rendez-vous à Limours, pour leur troisième rencontre, afin de faire le point de leurs recherches et de leurs connaissances sur le thème : « Le corps malade, maladies et épidémies, médecins et lieux de soins en Essonne ». A cette occasion, Roger Bertel avait été invité à faire un exposé ayant pour sujet : « Les lépreux à Linas et dans l’Essonne au Moyen Age ». Il s’est inspiré du bulletin numéro 23, consacré à la léproserie de Linas, en élargissant son propos aux différentes léproseries de l’archevêché de Sens dont dépendait, entre autres évêchés, le diocèse de Paris et il a fait l’inventaire de celles qui se trouvaient dans l’actuel département de l’Essonne. Ce nouveau bulletin reprend certains chapitres du bulletin numéro 23. A l’évidence, ils aident à la compréhension de la place tenue par la maladrerie de Linas dans le système des soins au Moyen Age.
La maladie et la connaissance qu’on en avait à cette époque, ainsi que les soins donnés aux malades sont ici plus largement traités. Nous pouvons à la lecture des chapitres qui y sont consacrés imaginer tout le chemin parcouru en termes de progrès médicaux. Il nous a semblé important de publier ce bulletin qui pourra constituer l’un des actes de cette rencontre inter associations de Limours. La publication de deux bulletins sur le même thème montre, si besoin était, que la recherche ne s’arrête pas après la rédaction. Si la recherche continue, la connaissance s’enrichit toujours des nouvelles découvertes. Il est primordial que nous référencions nos sources afin que d’autres, en s’appuyant sur nos écrits, puissent grâce aux nouveaux moyens de recherche et de communication, aller plus loin dans la connaissance de l’histoire de notre environnement en général et de notre commune en particulier.

Bulletin n°23 : La léproserie Saint Lazare de Linas (juin 2002)

Dans le tome X de son ouvrage “ HISTOIRE du DIOCESE de PARIS ” rédigé en 1757, l’abbé LEBEUF écrit dans le chapitre consacré à LINAS : “ … Au sortir du bourg, du côté qui conduit à CHATRES , se voient à main droite les restes d’une chapelle St Lazare et d’une Maladrerie ou Léproserie. Cet établissement n’avait guère moins d’antiquité que la chapelle de la Roüe ; puisqu’on lit dans les mémoriaux de la chambre des comptes, qu’au mois de janvier 1351, les foires de cette léproserie furent confirmées telles qu’elles étaient, et qu’en outre on confirma à la même maison le droit de bois mort qu’elle avait dans la forêt d’YVELINE. Le registre des visites [ précise] : aussi était-elle pour seize paroisses des environs outre Linas…. Cette maladrerie est encore au rôle des décimes [ en 1757 ] ; mais il y a quelques années, qu’en élargissant le chemin de Châtres on fut obligé d’en abattre les restes, et depuis ce temps les voitures passent par dessus… ”. Ce texte a alerté les “ chercheurs ” de notre association et les a conduits à faire une étude sur les malades et les établissements hospitaliers au Moyen-Age dans le but de retrouver les traces de la léproserie de Linas, son lieu d’implantation et son activité. Ce bulletin présente le résultat de nos recherches qui sont encore bien incomplètes et que nous poursuivons, sans pour cela oublier d’autres objectifs.

Bulletin n°22 : L'activité des hommes (janvier 2002)

A la création de notre association en 1984, nous avons défini un certain nombre de priorités. Collecter les témoignages d'ancien Linois en était une. Il nous semblait important de recueillir rapidement ces témoignages qui risquaient de disparaître. Il est reconnu que la mémoire a des limites temporelles souvent assez courtes, une ou deux générations. Les souvenirs ne perdurent que s'ils sont cultivés et d'autant plus s'ils sont consolidés par un écrit. Chaque groupe a sa mémoire, qu'il s'agisse de la famille ou de communautés de pensée ou d'origine géographique. Les formes qu'elle peut prendre sont diverses : événements forts pour les communautés importantes, faits personnels voire anecdotiques pour les communautés restreintes. La mémoire est sélective. Les grandes étapes de la vie laissent le plus souvent les souvenirs les plus intenses. Les événements inhabituels, en période de grands bouleversements laissent aussi des traces profondes. La mémoire est affective. Elle peut donner une importance exagérée à des faits anodins. Elle peut façonner leur souvenir. Il n'en reste pas moins que, même si les témoignages oraux sont faillibles, ils constituent un patrimoine irremplaçable.

Bulletin n°21 : Patrimoine architectural du vieux Linas (mai 2001)

En 1996, Madame Auduc, conservateur du Patrimoine à la Direction Régionale à l'Action Culturelle, réalisait une étude sur le patrimoine architectural de Linas sous forme d'un inventaire illustré de nombreuses photographies. Notre association lui a alors apporté son concours lors de ses investigations. C'est en se référant à ses travaux, que Jean-Pierre Parain a entièrement réalisé ce bulletin. En le feuilletant, on est de prime abord sensibilisé par la diversité et la qualité de ses illustrations. Comme les monographies du siècle dernier (bulletin n°18), il s'agit là d'un état des lieux plus spécialement centré sur l'habitat. La partie littérale nous donne un éclairage sur la partie iconographique et nous aide à mieux comprendre la raison d'être des différents types d'habitat. Ici il est peu question de bâtiments "prestigieux". Il s'agit le plus souvent de maisons fonctionnelles. Pourtant à y regarder de plus près, on s'aperçoit qu'elles ne sont pas dénuées de touches esthétiques que l'on trouve dans les lucarnes, les balcons, les pilastres ou les corniches... Ce bulletin est un guide, un appel à la promenade. Allons flâner dans le vieux Linas à la recherche de ces maisons de vignerons, de maraîchers, de notables et ces maisons boutiques.

Bulletin n°20 : La caisse des écoles (février 2001)

La Caisse des Ecoles entre dans le 3ème millénaire. Créée au 19ème siècle, elle a rempli sa mission initiale qui était alors de favoriser la fréquentation scolaire de tous. Elle a depuis largement contribué au développement de l'instruction primaire en étant à l'initiative de services à caractère social comme la garderie ou la cantine, en mettant en oeuvre des activités à caractère éducatif comme les sorties culturelles et les rencontres sportives sans oublier celles plus festives comme les bals, les kermesses, les arbres de Noël, les lotos... Etablissement public de caractère communal elle a, dans le passé, aidé à l' équipement individuel en fournitures scolaires et récompensé les écoliers méritants. Aujourd'hui, elle finance les activités collectives à caractère éducatif. A l'écoute des évolutions de la pédagogie, elle reste un organisme privilégié, habilité à financer les projets scolaires innovants.

Bulletin n°19 : Les domaines de Bellejame et de Guillerville (juin 2000)

Nous avons déjà évoqué, dans plusieurs bulletins, le chapitre de Linas et la seigneurie de la Roüe. L'objet de ce bulletin est de faire le point sur le domaine de Bellejame et celui de Guillerville qui occupent la vallée de la Sallemouille, depuis la Nationale 20 jusqu'à Marcoussis. Leur histoire a été intimement liée pendant plusieurs siècles et, quoique Bellejame appartienne à Marcoussis par son château, il est impossible d'évoquer l'un sans parler de l'autre, surtout si l'on considère que dans les temps très anciens que nous allons tenter de faire revivre, les terroirs appartenaient sur le plan religieux à une paroisse et sur le plan terrier à un fief dépendant d'un seigneur laïc ou religieux.

Bulletin n°18 : Linas vu par l'instituteur Albert Piprot (avril 2000)

Notre vie est rythmée par de nombreux repères temporels. Ils peuvent susciter des prises de conscience et provoquer des tourments. Ils incitent aux bilans et aux résolutions. Il en va ainsi des périodes de changement de siècle. La fin du siècle dernier n'a pas échappé à cette constante. 1899, le ministre de l'Instruction Publique demande aux instituteurs de dresser un état de la commune dans laquelle ils exercent. Il prendra la forme d'une monographie avec des rubriques obligatoires (situation de la localité, origines de son nom, grands faits de son histoire...) et des questions auxquelles chaque instituteur devra répondre. Albert Piprot, instituteur à Linas depuis 1889, devra remettre son "devoir de vacances" en septembre 1899, comme près de 40000 autres collègues de la 3ème République et ce pour l'Exposition Universelle de 1900. C'est cette monographie que nous vous présentons. A.Piprot emprunte souvent à l'historien l'Abbé Lebeuf, comme nous l'avons fait pour de nombreux bulletins. Comme beaucoup de ses collègues, il est des plus prolixes pour parler du sujet qui lui tient le plus à cœur, l'école du village. Par contre, il reste muet ou discret sur certains sujets : (quant à la faune, il est inutile d'en parler). Nous avons reproduit le texte dans son intégralité avec ses illustrations et nous l'avons annoté quand cela nous semblait nécessaire. Il nous éclaire peu sur le Linas de la belle époque. Néanmoins, il peut nous permettre de mesurer tout le chemin parcouru jusqu'à nos jours.

Bulletin n°17 : Chronique d'un Linois au XIXème siècle (janvier 2000)

Monsieur et Madame Caillault ont eu l'amabilité de nous permettre de consulter certains documents conservés dans leurs archives familiales. Nous y avons trouvé, entre autres, un texte dont la publication nous a semblé présenter un grand intérêt. Madame Caillault est la fille de M. et Mme. Marie qui ont participé activement à la vie associative de Linas. Claude-Antoine Godfroy était le grand-oncle de Mme Marie, né le 26 mars 1815 et décédé le 15 janvier 1877. Il était cultivateur-vigneron et a vécu dans la Pellerine, probablement au n° 121. Pendant 30 ans environ il a tenu un "journal" dans lequel il a relaté les évènements qui chaque année lui ont semblé avoir eu quelque importance. Il a noté les travaux au fil des saisons, les misères que causent les dérangements du temps, la sécheresse, les inondations, les bonnes et les mauvaises récoltes, les épidémies. Il s'est fait l'écho des nouvelles qui arrivaient d'ailleurs : révolutions à Paris, construction des fortifications, révolte des Polonais, indépendance de l'Italie. Comment ces nouvelles sont-elles arrivées à ses oreilles ? c'est ce que nous ignorons. Les journaux étaient rares, chers, servis surtout par abonnement dans la bourgeoisie aisée. Peut-être en avait-il connaissance ? Il nous parait plus probable que ses occupations de cultivateur l'amenaient à se rendre à Paris fréquemment pour y vendre ses produits. Il avait ainsi l'occasion d'être informé des nouvelles qui circulaient dans la capitale. Les évènements qu'il relate ont un grand intérêt comme témoignage de la vie, des occupations et des préoccupations des Linois de la première moitié du XIXème siècle. Peut-être y a-t-il parfois quelques erreurs dans l'évaluation du nombre des victimes des évènements dramatiques, mais il nous rapporte ce dont il a eu connaissance, simplement, au fil des ans et c'est ce qui en fait toute la valeur. En complément de cette chronique, nous avons cru bon de publier le récit que Pierre Divry a fait des inondations de février 1837 dont nous parle Claude Godfroy. Maire de Linas, il a eu à organiser les secours à apporter aux victimes de ces inondations.

Bulletin n°16 : Trois grandes fêtes linoises 1906 : La cavalcade - 1911 : Les fleurs - 1911 : Les Muses (juin 1999)

Nous savons que la vie des gens de la terre, dans les villages, était rude, que leurs travaux étaient pénibles, tout au long de l'année. Mais nous sommes mal renseignés sur les fêtes et les réjouissances qui venaient rompre périodiquement le rythme de leur dur labeur. La fête patronale ou fête du Saint Patron de la Paroisse était par excellence la fête communautaire du village. Ce jour-là, oubliant la misère, hommes et femmes s'adonnaient à la danse et aux jeux d'adresse ou de force : quilles, balle, mâts de cocagne, etc... Certaines églises ou chapelles possédaient des reliques de Saints précieusement conservées dans des chasses ouvragées. Elles donnaient parfois lieu à des pèlerinages annuels pendant lesquels elles étaient vénérées au cours de processions hors de l'église. C'était aussi une occasion de réjouissances populaires appelées souvent "Fête des CORPS SAINTS" (ou corsains). Vers la fin du XIXème siècle, une fête républicaine, la commémoration de la prise de la Bastille et de la fête de la Fédération, est venue s'ajouter aux fêtes d'origine religieuse. Au début du siècle, un élan festif a entraîné le comité des fêtes de Linas qui a organisé quelques fêtes thématiques : la cavalcade, les fleurs, les muses. La guerre de 14/18 marquera la fin de ces fêtes populaires

Bulletin n°15 : L'histoire du domaine de la Roüe (janvier 1999)

Nous avons exposé dans des bulletins précédents, plus précisément dans les numéros 12 et 13, l'importance du site de Linas, lieu de passage obligé au point le plus étroit d'une vallée marécageuse. Lors de la construction de l'Arpajonnais, des traces de la présence humaine à l'époque préhistorique ont été mises à jour, notamment, des haches, des outils en pierre taillée. Le passage du gué découvert sous la Sallemouille témoigne d'une activité humaine intense des Gallo-Romains. Les sarcophages mérovingiens et les tombes du quartier St-Merry-Monvinet sont la preuve de l'existence d'une communauté établie autour d'un sanctuaire primitif. Cependant nos connaissances sur le mode de vie à ces époques sont très vagues. La seule conclusion que nous puissions tirer des vestiges découverts est la certitude de la présence d'un habitat permanent sur le site de Linas. Cet habitat a évolué au fil des siècles et le mode de vie a varié avec l'évolution des mœurs et les progrès de la civilisation . Il faut arriver à l'époque carolingienne pour avoir des documents qui établissent l'existence de notre village dans une région qui s'apprête à entrer dans le Moyen-âge avec la mosaïque des classes sociales allant du serf au Seigneur et du curé aux chanoines et aux évêques. C'est un chapitre de cette histoire que nous souhaitons faire revivre dans le présent bulletin : "l'histoire du domaine de LA ROÜE".

Bulletin n°14 : La sallemouille "Notre vallée" (juin 1998)

La Sallemouille, quel nom évocateur pour une rivière. On imagine sans peine les crues la faisant sortir de son lit et inonder les environs et les décrues laissant des traces limoneuses de ses débordements. Les travaux réalisés en 1994 par le Syndicat intercommunal de la vallée de l'Orge aval (SIVOA) avec la construction du bassin sec de Guillerville ont calmé ses ardeurs. Aujourd'hui, rivière paisible, qui flâne sur 17,5 km, de Gometz la ville à Brétigny avec une dénivelée de 115 m, elle n'en est pas moins sans histoire. Des traces de son exploitation par l'homme jusqu'à la fin du siècle dernier sont là pour témoigner de l'importance de l'activité qu'elle générait. Monsieur Bertel a suivi le cours des eaux besogneuses du bassin de la Sallemouille qui entraînaient suivant leur débit, les roues à palettes ou à aubes de 5 moulins à Linas. Certains étaient des moulins féodaux comme les 70.000 moulins hydrauliques en France à la fin du XVème siècle. Le déclin de leur activité initiale les a obligés à se transformer en "usines". Sursis de courte durée qui ne leur a pas permis de prospérer au delà du XIXème siècle.

Bulletin n°13 : L'église de Linas - Des textes à l'histoire (janvier 1998)

Cette histoire est indissociable par ses origines de celle de la paroisse mais la première mention écrite datant de 936, force est de recourir à des sources annexes pour la période antérieure en examinant les formes anciennes du nom, celle de la titulature de l'église (le saint auquel elle est dédiée) pour enfin approcher la constitution, l'étendue et les limites de la paroisse. Ces éléments pourront ainsi être replacés ensuite dans le contexte de l'histoire de l'édifice après l'an 1000.

Bulletin n°12 : L'église de Linas - Les découvertes archéologiques (janvier 1998)

Denis Petit qui a, dans le passé, participé à plusieurs fouilles à proximité de l'église, a étudié le compte rendu de celles-ci. Mettant en parallèle ses sources d'ordre archéologique réactualisées et une large documentation bibliographique dépassant le cadre local, il a pu confirmer ou infirmer certaines hypothèses. Il a, ainsi, pu donner un sens à la présence en ces lieux des découvertes faites à ce jour. L'étude détaillée des nécropoles successives depuis l'époque Gallo-Romaine tardive et de certaines sépultures -sarcophages de plâtre et de pierre- montre l'importance du site. (Bulletin n°12). L'analyse approfondie du vocable St Etienne, premier patron de l'église du VIème siècle confirme cette importance, centre d'une unité religieuse sur la rive gauche de l'Orge d'un domaine vaste d'environ 2.000 hectares (Bulletin n°13). Ces richesses historiques n'avaient pas échappé à certains auteurs du passé. L'abbé Lebeuf dans son histoire de tout le diocèse de Paris et Malte Brun dans son histoire de Montlhéry et dans celle de Marcoussis les avaient évoquées. Le travail minutieux et approfondi de Denis Petit qui fait l'objet de deux bulletins, constituerait à n'en pas douter, les bases d'un ouvrage consacré à l'histoire de Linas.

Bulletin n°11 : Fontaines et Lavoirs (septembre 1997)

L'eau n'a sans doute jamais été un souci majeur pour les Linois. Le sous-sol est tapissé à une faible profondeur par une épaisse couche d'argile et de marne surmontée de sable, qui constituent le support d'une importante nappe aquifère, ce qui explique le grand nombre des sources et des ruisseaux. Ils étaient nombreux ceux qui bénéficiaient de sources et de lavoirs alimentés par cette nappe. Cependant il fallut réaliser des fontaines publiques pour permettre à la population d'aller se ravitailler en eau pour les besoins familiaux et pour les animaux. Depuis des temps très anciens, Linas a disposé de plusieurs fontaines abondantes et l'on a conservé le souvenir de quelques-unes : la fontaine de la Pélerine près du lavoir de la Division Leclerc, desservait tout le quartier sud. La fontaine dite des Morts, près du cimetière qui entourait l'église, était à l'usage des habitants des rues St-Merry et Mauvinet (ou Monvinet). La fontaine du carrefour St-Merry, Fromagère, Grande Rue, était utilisée par le centre et le nord du village, et aussi par une grande partie de Montlhéry. Depuis longtemps, l'Association "Patrimoine et Traditions", exprimait le voeu&& que soit matérialisés par des plaques commémoratives, les lieux dont il importe de garder le souvenir parce qu'ils furent des témoins de l'histoire de notre commune. La Municipalité avait eu il y a quelques années, l'heureuse idée de signaler, après qu'il eût été restauré, parmi nos "richesses", le seul lavoir public encore existant : le joli lavoir de la Pélerine, abritant au fond de sa ruelle, sous sa toiture typique, sa source et ses deux bacs à laver. Aujourd'hui, répondant à notre souhait, le Conseil Municipal, a décidé d'apposer le 21 septembre 1997, la première plaque au carrefour de la Fontaine.

Bulletin n°10 : Naissance de l'autodrome de Linas-Montlhéry (juin 1997)

Fin du XIXème siècle, l'automobile avance. Et pourtant, il n'est pas encore temps de lui créer un espace particulier. La route accidentée et poussiéreuse peut très bien suffire aux évolutions des voitures motorisées. Les autorités sont opposées à tout développement massif de ce qu'elles considèrent être un fléau : l'automobilisme. Il faudra une grande dose de patience et de passion à ces pionniers de l'automobile pour effectuer une percée dans les mentalités et triompher de la méfiance des choses nouvelles. La vitesse symbole de liberté, de conquête d'espace nouveau mais aussi de dépassement, grise les plus hardis. La course d'abord grande épreuve de régularité constitue le test le plus crédible aux yeux des futurs acquéreurs d'automobiles. En 1903, la course Paris-Madrid et son lot d'accidents mortels qui se succèdent marque la fin des courses sur routes ouvertes à la circulation. L'Automobile Club de France créé en 1895, va s'orienter vers des formules qui doivent normalement ne plus discréditer ce sport encore jeune. C'est dans ce contexte, la guerre de 1914-1918 passée, qu'Alexandre Lamblin se lance dans l'aventure en 1924. Construire un autodrome qui défiera ses grands frères : Brooklands , Indianapolis, Monza. voir ce bulletin ...

Bulletin n°9 : Ernest Pillon : Maire de Linas (janvier 1997)

Les personnalités locales ont souvent donné leur nom à une rue, un bâtiment public... Contrairement aux personnalités nationales, leur souvenir ne perdure pas au delà de quelques générations. Le nom d'Ernest Pillon est pour tout Linois le nom associé à la place de la Mairie. Les anciens gardent de lui le souvenir d'un homme généreux qui distribuait aux plus démunis, le bois pour l'hiver. Monsieur Bertel, dans les numéros 42-43-44 et 45 du Progrès de Linas, nous avait décrit son élection houleuse comme maire de Linas. Ce bulletin n°9 rassemble ces différents articles complétés par de récentes recherches et par une biographie. Sa lecture nous fait revivre des réunions de Conseils Municipaux où régnait un climat délétère digne de Clochemerle. Pourquoi Monsieur Humberdot refuse un mandat de Maire alors qu'il est élu ? N'était-il pas candidat ? Pourquoi y-a-t-il unanimité sur des votes de comptes administratifs, de budgets alors qu'il est difficile de dégager une majorité pour l'élection du Maire ? On peut imaginer qu'il y avait entre les différents conseillers plus que des oppositions de nature politique, des oppositions de personnes. Comment réagissaient les Linois à toutes ces volte-face qui préoccupaient les autorités départementales ? Bien évidemment, rien dans les archives communales voire départementales ne nous l'indique. Les témoignages écrits ou oraux, bien que fragiles, auraient pu nous renseigner. Ils sont ici inexistants. Dommage. Il est donc primordial de recueillir les témoignages des anciens sur notre passé proche afin d'éclairer les recherches à venir.

Bulletin n°8 : La mairie, l'école, 150 ans d'histoire (juin 1996)

1846-1996. Il y a 150 ans, prenait forme le projet de construction de la Mairie-Ecole. C'est en premier lieu, le souci de développer l'instruction publique qui guida les élus à acquérir un tel édifice. Du 19 mai 1838 au 12 avril 1946, les prospections et les démarches entreprises par les différents conseils municipaux furent nombreuses. Huit années d'attente. Le découragement fit souvent place à la déception. Le projet initial s'en trouva modifié. Mais cette longue attente permit la construction d'une véritable Mairie-Ecole. En ces époques de mutation des institutions, nous ne pouvions décrire les temps fort de l'évolution de ce bâtiment sans parler des relations quelquefois houleuses entre les élus, les enseignants et les membres du clergé. Aujourd'hui, mairie et école ont pris leur distance. Même si les locaux scolaires sont la propriété de la commune, les enseignants ne sont plus nommés par les édiles. Le nom d'Ernest Pillon, maire au début du siècle et grand artisan de la transformation de la Mairie-Ecole, est associé à la place de la mairie. Il ne faudrait pas oublier ceux qui ont pris part au projet de construction : les Maires Chrétien et Divry ou encore le baron de Labonnardière, châtelain de la Roüe. Maison commune, mairie, hôtel de ville, elle est le centre politique des communes. En ses murs, s'est écrite une grande page de leur histoire, et se décide leur avenir.

Bulletin n°7 : De l'abbaye de Port-Royal à la collégiale de Linas (février 1996)

Parmi les tableaux qu'abrite l'église de Linas, trois d'entre eux présentent la particularité d'avoir la même origine. Leur histoire est étroitement liée à l'histoire du Jansénisme, ce qui leur a valu dans le passé, d'être l'objet de vives polémiques. Mais comment ont-il trouvé place dans l'église de Linas ? Fallait-il les y exposer ? Au gré des influences, ils ont été bannis puis réhabilités. Encore aujourd'hui ils sont au centre d'une controverse : Faut-il les attribuer à l'école de Philippe de Champaigne ou sont-il de la main même du peintre. Roger Bertel a voulu en savoir plus. Avec minutie, il essaie d'apporter des réponses à toutes ces interrogations. Il nous présente le refuge du Jansénisme "l'abbaye de Port-Royal" et il nous trace les portraits de l'abbé de St Cyran, de Pascal et de Philippe de Champaigne. Ces biographies nous éclairent et nous renvoient sur Port-Royal. Rescapés des turbulences religieuses de la fin du XVIIème et début du XVIIIème siècle, ces trois tableaux sont les témoins d'une page de notre histoire nationale. Il est certain que demain, c'est avec un autre regard que nous passerons devant eux.

Bulletin n°6 : L'assemblée municipale de 1787 à 1791 (mai 1995)

L'aube des prochaines élections municipales de juin 1995 se profile. Roger Bertel saisit l'opportunité de cet évènement pour ouvrir les premiers registres de délibérations de l'Assemblée Municipale du 12 août 1787 au 6 février 1791. Dans ce bulletin illustré par Jean-Pierre Parain, il nous transporte dans les turbulences d'une époque où le titre de Maire sera conféré au premier administrateur de la paroisse puis de la commune. Décembre 1789, en application des lois votées par l'Assemblée Constituante, le Conseil Général de la paroisse est élu. Pierre Divry, ancien maître de poste, est le premier Maire de Linas. La vie de la commune n'est plus alors soumise à ses deux seigneurs : le Chapitre de la collégiale et les Laideguive du château de la Roüe. Elle est désormais directement administrée par ses habitants. L'ordre monarchique établi depuis plus d'un millénaire s'effondre. Le Maire est chargé de mettre en place les nouvelles structures et de moduler les transformations de la société. Il est le propagateur d'un nouvel ordre démocratique. La tâche est longue, voire quelquefois difficile ainsi qu'en témoignent les nombreux documents de cette époque. Les quelques extraits cités dans ce bulletin sont rédigés dans leur forme d'origine (syntaxe, orthographe). Aujourd'hui la légitimité républicaine du premier magistrat de la commune est assise. Son élection au suffrage universel conforte son action qui est l'émanation d'une volonté générale. Que de chemin parcouru en 200 ans...

Bulletin n°5 : samedi 28 mai 1994 de 14h30 à 18h00 (janvier 1995)

1994 - La fièvre de l'Arpajonnais a touché les associations d'histoire locale d'Arpajon, de Leuville et de Linas. Il y a 100 ans, le tronçon Longjumeau-Arpajon était mis en circulation. Et jusqu'en 1936, le tramway allait rythmer la vie des habitants de la région. Le samedi 28 mai 1994, notre Association Patrimoine et Traditions, avec la participation des commissions Actions Culturelles et Information de Linas, a fait découvrir pour les uns, les traces d'un passé récent et pour les autres, revivre, souvent avec nostalgie, quelques moments de leur jeunesse. Oubliées les escarbilles et les attentes prolongées à la gare. L'Arpajonnais c'était "le bon temps". La mémoire restitue le passé façonné par le temps et la passion. Il nous a semblé intéressant de fixer l'évènement en un bulletin pour qu'il demeure la mémoire écrite de cette journée.

Bulletin n°4 : L'église de Linas (septembre 1994)

Point de repère immuable pour le voyageur, l'église l'est aussi pour la communauté villageoise massée autour d'elle. Elle est un lieu de rencontre mais aussi un facteur d'unité. Conçue d'abord pour être utilisée, elle rayonne ensuite et témoigne de la foi ardente du moyen-âge. Elle est l'oeuvre de tous et le domaine de tous. Le peuple y donnait sa sueur et la bourgeoisie ses écus pour qu'elle soit la plus belle, la plus grande à l'image de Dieu à qui elle est dédiée. L'église de Linas est de celles qui flattent le regard. Raoul Cotène nous accueille sous ses voûtes, nous fait découvrir ses trésors d'architecture, de tableaux et de vitraux et nous fait revivre avec passion son passé. Conçue pour durer, l'église n'est pourtant pas épargnée par l'usure du temps. Les restaurations successives ont modifié sa silhouette. Aujourd'hui un craquement des voûtes couvrant la nef et un affaissement du sol dans le bas-côté sud tentent de la fragiliser. Une intervention rapide est nécessaire afin qu'elle puisse continuer à remplir sa fonction culturelle et que perdure sa vocation culturelle.

Bulletin n°3 : Linas 1823 - 1832 le temps des épidémies (janvier 1994)

Aujourd'hui, Linas compte à peu près 5260 habitants. A la veille de la Révolution, avec 274 feux recensés, c'est la paroisse la plus peuplée de la région. L'activité économique liée au passage de la grande route royale en fournit l'explication. Déjà, pendant les trois premiers siècles, la voie romaine Paris-Orléans a favorisé le peuplement de notre territoire. Après les invasions germaniques, commence l'évangélisation de la région. Des communautés chrétiennes se constituent dans les villages. A partir du Vème siècle, les églises sont dédiées aux premiers martyrs, St Etienne à Linas. Puis la communauté va prospérer ou décliner au fil des grands évènements : invasions normandes des IXème et Xème siècles, guerre de cent ans aux XIVème et XVème siècles, guerres de religions au XVIème. A partir de 1720, la natalité et l'immigration, conjuguées à de bonnes récoltes qui se succèdent, favorisent la reprise. Mais bientôt surpopulation et paupérisation font leur apparition vers 1775. Les archives communales et l'état-civil permettent de suivre l'évolution de la population au XVIIIème siècle. Denis PETIT s'est intéressé plus particulièrement à l'évolution des décès et à ses causes. La diversité de ses sources, la qualité de ses recherches en font un document précieux. A sa lecture, on imagine les angoisses et les détresses causées dans la population par les trois fléaux qu'étaient le choléra, la grippe et la variole, et l'on ne peut s'empêcher de les rapprocher de ceux de notre époque.

Bulletin n°2:  Le journal de la Marie de 1830 à 1850 (novembre 1993)

Pendant la plus grande partie du XIXème siècle, la liberté dont jouissait les citoyens n'avait qu'une lointaine parenté avec celle que nous connaissons de nos jours, même si nous la jugeons encore bien imparfaite dans certains domaines. Avant d'entreprendre un voyage, il fallait en faire la déclaration en Mairie, afin de se voir délivrer un "passeport pour l'intérieur" sur lequel étaient mentionnés l'identité, le signalement du voyageur et sa destination. Un déménagement devait aussi être signalé au départ et à l'arrivée avec l'indication des noms, prénoms, date et lieu de naissance, profession du chef de famille, de son épouse et de ses enfants. Il en était de même pour l'ouverture ou la fermeture d'un atelier, d'un commerce. La tenue d'un registre était nécessaire pour consigner ces renseignements et les évènements notoires à mesure qu'il était fait déclaration en Mairie. Dans les années 1830 à 1850, ce registre : "LE JOURNAL DE LA MAIRIE" était régulièrement tenu, semble-t-il, sous l'autorité du maire Pierre Divry, maître de poste, né le 3 janvier 1778. La lecture de ce document éclaire la vie quotidienne dans notre commune et renseigne sur les évènements journaliers, banals ou importants qui y trouvaient place au fil des jours. Malheureusement, les maisons n'étaient pas numérotées et il est parfois difficile sinon impossible de les localiser avec précision, ce qui gêne parfois pour la bonne compréhension des textes. Voici quelques extraits du registre dans son écriture originale.

Bulletin n°1 : Compagnon fidèle du maraîcher : le cheval (mars 1993)

Une fois l'an, en janvier, nous vous rencontrons et à cette occasion, l'Association présente l'activité de l'année écoulée. Tout au long des mois, "Patrimoine et Traditions" existe au gré d'une publication, d'une manifestation. Aujourd'hui, nous souhaitons par cette diffusion, créer un lien entre tous les adhérents, vous rencontrer... "La rencontre est une naissance". Souhaitons que ce nouveau-venu, favorise celle-là. Les feuilles de ce bulletin sont des espaces à aménager, à imaginer. Leur diversité fera leur richesse. Au plaisir de vous lire. voir ce bulletin ...